Au niveau de l'informatique industrielle, qu'il s'agisse d'un hôpital, un aéroport ou le stade de la Coupe du Monde de football, il est impensable que l'entretien ne soit réduit qu'à de simples tâches de réparation. En effet, pour des raisons économiques, de sécurité, des impératifs de qualité aussi, l'informatique industrielle de maintenance a pour mission d'assurer une disponibilité optimale des équipements au moindre coût. On parle alors de gestion préventive, de planification des travaux ou de flux tendus des pièces de rechange...
L'informatique industrielle de maintenance est aujourd'hui soutenue par des logiciels dits de GMAO dont le premier mérite est de fournir la trace de toute intervention. L'introduction de tout nouveau système de maintenance dans l'informatique industrielle n'est cependant pas aisée en raison du volume des données à saisir et du degré de difficulté des nouvelles connaissances à acquérir. C'est pourquoi, pour alléger au maximum le travail d'apprentissage des opérateurs et simplifier les saisies, il faut prévoir d'emblée l'interfaçage du programme de maintenance avec des appareils tels des lecteurs de codes à barres ou des compteurs de temps. La résistance des opérateurs face à ce changement s'en trouve réduite et on peut compter avec un retour d'investissement accéléré...
Paradoxalement, l'introduction d'une solution informatique industrielle de maintenance n'est pas liée en premier lieu par des considérations de coûts. Dans la plupart des situations, ce sont des éléments de sécurité et de qualité qui impliquent une assistance informatique du système de maintenance. Certes, une gestion informatisée du stock des ateliers est susceptible, en terme de maintenance, de simplifier l'approvisionnement et de contribuer à une diminution des immobilisations. Ce module standard de toute informatique industrielle de maintenance offre à lui seul une opportunité de réduction sensible des coûts dans la mesure où il permet de gérer :
o les commandes de réapprovisionnement en fonction du cycle économique et des coûts de passation de commande, de stockage et d'achat
o les priorités selon le degré de sensibilité à la rupture de stock (classement des produits en catégories ABC)
o les stocks multi-sites en tenant compte de leur effet combiné.
Plus généralement, au sein de l'informatique industrielle, une GMAO permet d'élaborer un plan de maintenance préventive et, donc, de gérer les interventions en évitant des goulets d'étranglement au niveau des techniciens ou une quelconque indisponibilité des équipements. A ce titre, la GMAO assure incontestablement une meilleure maîtrise des coûts d'exploitation. Son avantage est surtout décisif au niveau de la préparation des interventions : lorsque les contrôles et travaux sur points d'usure sont nombreux, l'informatique industrielle de maintenance prend tout son sens en incorporant à la fois systématique et instructions dans la base de données. Les logiciels du marché les plus élaborés fournissent même des applications multimédias qui remplacent avantageusement les manuels de montage et permettent de visualiser l'usine, ses machines et ses équipements.
Pour essayer de mieux comprendre l'impact d'une GMAO au niveau industriel, on peut, par simplification, assimiler l'activité d'un service de maintenance à un système de file d'attente avec des demandes de service réparties selon une loi de Poisson et des durées d'intervention qui suivent une distribution exponentielle négative. En fonction des ressources disponibles, on peut donc déterminer un temps moyen d'attente provoqué par une panne ainsi que son coût. Sans l'informatique industrielle de maintenance,il est cependant difficile, sinon impossible, d'optimiser, en termes de coûts, la relation entre la disponibilité des intervenants et la probabilité de l'occurrence d'une panne.
A la base, la GMAO supporte la gestion d'une gamme d'équipements ou d'installations techniques, la gestion des achats et des stocks ainsi que le suivi des interventions. Aujourd'hui, elle est interfacée avec une GPAO ou avec un système comptable et budgétaire. Des compteurs et des alarmes déclenchent en temps réels des ordres de travaux, tandis que des terminaux portables enregistrent les temps d'intervention selon des tâches présélectionnées. Ensuite, ces données sont déversées dans le système informatique industriel de maintenance pour faciliter toute analyse de fonctionnement ou étude des coûts.
Lors de l'introduction d'une GMAO, il faut surtout ne pas perdre de vue que les intervenants sont réfractaires à toute saisie de données dans un système informatique industriel , aussi nécessaire soit-elle pour la maîtrise de la maintenance. C'est pourquoi toutes les interfaces avec les applications de GMAO méritent d'être simplifiées au maximum. Fort heureusement, il existe des appareils à prix abordable, très commodes et polyvalents qui permettent à la fois de lire des codes à barres (entrées et sorties de stock, inventaire) et des temps par ordre de travail sans que l'utilisateur n'ait même à entrer dans l'application.
Pour ce qui est des aspects purement "informatique industrielle" de la GMAO, inutile de dire que l'adaptation aux standards les plus récents est une condition de base du succès de l'implantation. Il s'agit bien entendu de l'architecture client-serveur, des bases de données Oracle et des systèmes d'exploitation Unix et Windows.
Les plus récents développements concernent l'intégration de protocoles standards de communication sur l'Internet pour la transmission de demandes d'intervention de sites distants, la consultation des bases de données de la maintenance ou la reprise des signaux et compteurs dans l'application. Enfin, l'interfaçage des applications de GMAO avec des logiciels standards de gestion ou de production de haut de gamme est également devenu la norme. Quelques fournisseurs assurent même une parfaite compatibilité avec un logiciel courant de gestion de projets, si bien que toutes les données relatives aux intervenants ne sont saisies qu'une seule fois et peuvent être gérées facilement par l'outil le plus commode.
La transformation de la maintenance industrielle vers des travaux préventifs sur la base de compteurs et signaux d'activité intégrés à un logiciel de GMAO représente une avancée appréciable en matière de performance. L'établissement des demandes d'intervention et des commandes de pièces de rechange s'en trouve largement automatisé. Par ailleurs, l'historique des pannes et interventions permet d'optimiser le système de maintenance sur la base d'une information objective sur la criticité des équipements.